Nous ne vaccinons pas les mineurs de moins de 18 ans

« J’ai été l’un des premiers patients dans le monde à bénéficier d’une thérapie innovante contre le VIH »

 

38 MILLIONS DE PERSONNES DANS LE MONDE VIVENT AVEC LE VIH

1,7 MILLION DE NOUVELLES CONTAMINATIONS PAR AN

AUJOURD’HUI, L’ESPÉRANCE DE VIE DES PATIENTS TRAITÉS EST TRÈS PROCHE DE CELLE DE LA POPULATION GÉNÉRALE

 

Monsieur T. va avoir 45 ans cette année, il a été diagnostiqué séropositif au VIH en juin 2014. À l’époque, un nouveau traitement allait être testé, on lui a proposé de faire partie de l’essai et il a accepté. Ce traitement vient d’obtenir en janvier son autorisation de mise sur le marché et sera donc plus accessible aux patients.

Propos recueillis par Chloé Joreau

 

J’ai été contaminé en juin 2014 et ai été rapidement pris en charge au CHU de Nantes. Comme je n’avais jamais reçu de traitement antirétroviral, ma médecin m’a proposé d’être inclus dans un protocole qui testait l’efficacité d’un nouveau traitement par injection. J’ai tout de suite accepté, en me disant que, quitte à être malade, autant faire progresser la science. J’ai débuté mon traitement début juillet 2014 et dès la fin du mois, ma charge virale était indétectable.

J’ai débuté le protocole en prenant le traitement sous forme de comprimé. En effet, avant de passer aux injections il fallait s’assurer que je réponde bien à ces nouvelles molécules et que je les supporte bien. Je devais prendre tous les matins 1 comprimé de Vocabria® et 1 comprimé de Rekamby®. J’ai pris mon traitement par voie orale jusqu’en décembre 2014 puis j’ai été tiré au sort (selon le protocole de l’essai clinique) pour être inclus dans la branche de l’essai où l’on nous injectait le traitement une fois par mois. D’autres patients restaient, eux, avec des comprimés et d’autres recevaient les injections tous les 2 mois.

 

« Je me suis dit : quitte à être malade autant faire progresser la science »

 

À partir de janvier 2015, j’ai donc commencé à recevoir ces deux médicaments sous forme d’injections mensuelles, une injection dans chaque fesse à chaque rendez-vous. Il faut reconnaître que l’une des injections est relativement douloureuse. Encore au- jourd’hui, après l’administration, j’ai une sensation de jambes lourdes et de sciatiques qui peut durer plu- sieurs jours et le point d’injection reste endolori presque jusqu’au rendez-vous suivant. Cela aurait pu me faire arrêter ce traitement et quitter le protocole (les médecins me l’ont proposé), mais je réalise bien le confort que m’apporte ce mode de prise.

 

J’ai toujours voulu continuer, car je sais qu’en prenant le traite- ment équivalent par voie orale, je risque d’oublier des comprimés. Je suis encore dans la rigueur qu’impose le protocole d’essai, mais maintenant que le Vocabria® et le Rekamby® sous forme d’injection à libération prolongée viennent d’être autorisés et commercialisés en France, je vais pouvoir bénéficier de la posologie recommandée, à savoir une injection tous les 2 mois : moitié moins d’injections, c’est vraiment une bonne nouvelle !

Le protocole ne devait durer que 2 ans mais cela en fait 7 que je participe, et mes médecins me rap- pellent d’ailleurs souvent que j’étais l’un des premiers patients dans le monde à bénéficier de cette innovation ! Et je pense que même si je peux désormais faire les injections en cabinet ou à domicile, je continuerai à venir dans le service qui me suit depuis le début, ce sont mes soignants !

 

Ce mode de prise par injection est une avancée et même si les rendez-vous reviennent vite et doivent être anticipés, ce n’est rien en comparaison de la charge mentale et du risque d’oubli associé à la prise quotidienne de comprimés.

Ce traitement a de l’avenir et dans le service d’infectiologie où je suis suivi ils vont ouvrir des créneaux 2 jours par semaine dédiés aux injections. La preuve que ce mode de prise est révolutionnaire pour les patients et les libère de la charge que représente la prise quotidienne, tous les jours de sa vie, de comprimés.

 

 

2022, toujours pas de vaccin !

Malgré plusieurs essais cliniques depuis une dizaine d’années, aucune tentative n’a été concluante. Hormis le vaccin de l’essai « Thaï » qui a montré une efficacité de protection de 31 %, les vaccins évalués ne protègent pas assez et sont inefficaces.

Le virus responsable du VIH est complexe et présente un fort taux de mutation, bien plus important que le SARS-Cov2 par exemple, ce qui rend difficile la mise au point d’un vaccin efficace. Mais il faut rester optimistes, les chercheurs connaissent de mieux en mieux les mécanismes de l’infection et la réponse du système immunitaire, et gageons que les nouvelles technologies désormais accessibles permettront de trouver la bonne stratégie vaccinale.

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