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Les allergies : mode d’emploi

 

SYMPTÔMES, CAUSES, SOLUTIONS…

Par Mélanie Philips

 

Pour près d’un Français sur deux, l’allergie n’est pas considérée comme une « vraie » maladie, selon un sondage Ifop avec l’Association asthme & allergies. 

Depuis des décennies, les études montrent que les chiffres concernant les allergies ne cessent d’augmenter. Si en 1970 seulement 2 à 3 % de la population mondiale étaient allergiques, 30 % l’étaient en 2010. Ainsi, l’OMS estime que d’ici 2050, la moitié de la population souffrira d’une pathologie allergique.

En France, selon plusieurs études, une personne sur quatre souffre d’allergie respiratoire, 4 millions sont asthmatiques et 80 % des asthmes sont d’origine allergique chez l’enfant.

L’allergie est une maladie qui touche tous les âges et peut se déclarer à tout moment de la vie.

 

QU’EST-CE QU’UNE ALLERGIE ?

Lorsque notre organisme se sent en danger face à des microbes, virus ou bactéries, il les combat grâce à notre système immunitaire. Dans le cas de l’allergie, ce système est défaillant. Il s’agit donc d’une hypersensibilité de l’organisme à des substances présentent dans l’environnement qui sont, d’ordinaire, inoffensives : les allergènes. À la suite de cette réaction, le corps produit des anticorps spécifiques de l’allergie, les immunogloblines E (IgE).

 

COMMENT CELA SE MANIFESTE ?

Lorsque l’organisme entre en contact avec ces allergènes, que ce soit par inhalation,  ingestion, ou contact cutané, le système immunitaire va surréagir. Les divers symptômes sont donc la manifestation de cette défense.

 

LES DIFFÉRENTS SYMPTÔMES

Les manifestations peuvent être : cutanées (eczéma, urticaire), na- sales (rhinite allergique), oculaires (conjonctivite), respiratoires (asthme, bronchite allergique), œdémateuses (gonflement localisé du visage comme les lèvres ou les paupières) pouvant toucher les muqueuses de la gorge (œdème de Quincke). Le choc anaphylactique étant la forme la plus grave et pouvant entraîner la mort, il nécessite un traitement d’urgence.

En cas de symptômes graves tels que l’asthme, les œdèmes ou encore le choc anaphylactique, il est primordial de s’orienter vers le service des urgences. Pour les signes d’allergies moins importants, ne tardez pas à prendre rendez-vous chez un allergologue. Ce dernier déterminera, à l’aide d’un interrogatoire et de tests indolores, le ou les allergènes responsables, et ainsi prescrire si besoin un traitement ou vous indiquer les évictions, et s’il faut adapter le traitement.

 

QUELS SONT LES SIGNES QUI DOIVENT VOUS ALERTER ?

La chronicité des symptômes qui réapparaissent chaque année à la même époque ou dans les mêmes circonstances doivent également vous faire penser à l’allergie et motiver une consultation chez l’allergologue.

 

L’ALLERGIE EST-ELLE GÉNÉTIQUE ?

Si l’un des parents, ou les deux, présentent des allergies, le risque que l’enfant en développe une lui aussi, augmente. En moyenne, selon les études, lorsque les deux parents présentent un terrain allergique, 80 % des enfants en développent une, et 33% lorsque l’un des deux parents est touché.

 

LES DIFFÉRENTS TYPES D’ALLERGIES

Quand on pense allergies, on pense souvent aux pollens. Pourtant, ils ne sont pas les seuls responsables ! On compte d’autres types d’allergies : respiratoires, alimentaires, de contact, professionnelles ou encore médicamenteuses.

« Il existe les allergies croisées pollens/aliments d’une part et d’autre part, toutes les allergies alimentaires », précise le Dr Madeleine Epstein, allergologue et vice-présidente du Syfal (Syndicat français des allergologues).

 

QUELLES SOLUTIONS EXISTENT FACE AUX ALLERGIES ALIMENTAIRES ET AUX POLLENS ?

D’abord, il faut faire la distinction entre ces deux types d’allergie. « Pour les allergies respiratoires, nous pouvons proposer la désensibilisation pour une bonne partie des allergènes res- ponsables des symptômes, avec différentes techniques selon les allergènes. Cependant, il y a des allergènes pour lesquelles nous n’avons pas les pro- duits de désensibilisation », explique le Dr Epstein. Historiquement, la désensibilisation se faisait par voie injectable. Actuellement, en France, à part pour les hyménoptères, cela se fait par voie sublinguale. C’est-à-dire que les allergènes sont déposés sous la langue.

 « Là encore, on a deux possibilités : soit c’est du liquide que l’on met sous la langue, soit ce sont des comprimés », complète l’allergologue. Les comprimés étant actuellement disponibles uniquement pour deux allergènes : les acariens et les graminées.

La désensibilisation dure entre 3 à 5 ans « sous réserve qu’elle soit bien observée, bien tolérée et donc bien efficace. »

Pour les allergies alimentaires, le premier traitement est l’éviction de l’allergène. Ensuite, il ne s’agit pas de désensibilisation mais d’induction de tolérance. « Dans un premier temps, il faut poser l’indication et c’est du cas par cas. Selon l’aliment en cause et le degré de réactivité, cela se fait soit en milieu hospitalier, soit en ambulatoire. L’objectif est de faire ingérer au patient des petites doses croissantes de l’allergène en cause, jusqu’à ce qu’il tolère une dose normale. Et surtout, à ce moment-là, il ne faut pas qu’il arrête d’en manger sinon il perd le bénéfice. »

 

LE CHOC ANAPHYLACTIQUE

Aussi appelé anaphylaxie, le choc anaphylactique est une complication aiguë de l’allergie. Il s’agit d’une réaction violente et rapide causée par une réaction allergique immédiate et généralisée. Ce dernier nécessite une prise en charge rapide car le risque de mort est présent. Il s’agit donc d’une urgence vitale.

 

COMMENT LE RECONNAÎTRE ?

Bien souvent, le choc anaphylactique survient dans les 5 à 20 minutes après l’ingestion d’un aliment ou d’une piqûre d’insecte. Le malade ressent alors une sensation de malaise général, avec plusieurs symptômes associés : respiratoires, ORL, cardiaques, cutanés, digestifs. Dès lors qu’il présente plus de deux symptômes en même temps, la situation est grave.

 

QUE FAIRE ?

Le seul traitement de l’anaphylaxie est l’adrénaline, le plus souvent utilisée sous forme de stylo auto-injecteur.

« Si on n’a jamais eu de choc et que c’est inaugural, la conduite à tenir est d’appeler les urgences lorsqu’on ne se sent pas bien. Par la suite, il faut surtout consulter un allergologue pour essayer d’avoir un diagnostic et une conduite à tenir ultérieure au cas où cela se reproduit. »

 

LE TRAITEMENT

« Lorsque nous prescrivons une seringue d’adrénaline, on explique dans quelles circonstances les patients doivent s’en servir et comment faire pour l’utiliser. Et pas uniquement aux patients, mais aussi à leur entourage, afin de comprendre ce qu’il se passe et s’en servir. C’est ce qu’on appelle de l’éducation thérapeutique, explique le Dr Epstein. Ce qu’il y a de bien main- tenant c’est que tous les stylos d’adrénaline sont vendus avec un flash code qui renvoie sur une vidéo où tout est très bien expliqué. Donc ça vient en renfort de ce que nous leur disons. » 

L’injection doit avoir lieu sur la face antéro-externe de la cuisse.

Depuis le 30 août 2000, un avis a été donné par le Conseil national de l’Ordre des médecins, permettant l’injection de l’adrénaline par les proches ou le personnel scolaire. L’utilisation par un tiers d’un stylo auto-injecteur d’adrénaline n’est plus considérée comme un acte médical.

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