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La chronothérapie, la santé à son rythme

Saviez-vous qu’il est possible de se soigner en respectant le rythme de son horloge biologique ? C’est ce que propose la chronothérapie, ou chronomédecine, cette branche de la chronobiologie qui permet de se soigner en se fiant à son rythme biologique. Explications et décryptage.

 

La chronothérapie, ou la connaissance des rythmes circadiens

Pour comprendre la chronothérapie, il est essentiel de savoir à quoi correspondent les rythmes circadiens. Il s’agit des processus biologiques cycliques dont la durée est de 24 heures. Les rythmes circadiens régissent ainsi le sommeil et expliquent les désagréments ressentis en cas de décalage horaire, par exemple. Selon la chronothérapie, la santé repose notamment sur l’équilibre entre ces différents rythmes circadiens. On parle donc également de « médecine circadienne ».

 

La médecine circadienne, une science ancienne en pleine effervescence

L’horloge biologique est un élément connu depuis longtemps par les médecins. Et pour cause, dès 1814, le très avant-gardiste anthropologue Julien Joseph Virey publiait ses observations sur le rythme circadien du corps humain et préconisait une prise de médicaments à certaines heures uniquement. Mais la science du XIXe siècle ne parvient pas à confirmer le pressentiment de l’anthropologue.

Bien plus tard, dans les années 1980, des chercheurs israéliens font une découverte majeure en identifiant, dans la glande cérébrale de l’hypothalamus, le fonctionnement de l’horloge biologique. Cette petite horloge réagit à la lumière et fonctionne sur un rythme de 24 heures. La luminothérapie prend alors son essor et est depuis très souvent utilisée pour soigner les décalages horaires ou le blues hivernal.

En 2017, la chronobiologie décroche ses lettres de noblesse grâce aux scientifiques Jeffrey C. Hall, Michael Rosbash et Michael W. Young à qui est décerné le prix Nobel de physiologie ou médecine. Leur travail sur le contrôle des rythmes circadiens est alors salué par la communauté scientifique et la chronothérapie fait des pas de géant.

 

La santé selon l’horloge biologique

Depuis 2017, les chercheurs sont parvenus à la conclusion que chaque organe possède sa propre horloge biologique, comme le cœur, le foie, la rétine ou encore le poumon ou le rein. De plus, des recherches récentes ont permis d’affirmer que l’intensité de la douleur varie selon l’heure du jour ou de la nuit. Un élément crucial pour affiner le moment de la prise de médicaments.

Plusieurs médecins défendent la pratique de la chronothérapie dans le traitement des cancers. En effet, la recherche actuelle indique que les cellules cancéreuses échappent au rythme circadien et ne sont pas synchronisées entre elles. Cette différence d’avec les cellules saines permettrait d’ajuster l’heure et le dosage des traitements contre le cancer et d’en limiter les effets secondaires. Cette méthode est élaborée par les chercheurs en chronothérapie de l’INSERM et pourrait améliorer la qualité de vie des patients.

Bien sûr, l’horloge biologique peut également se dérégler. D’après plusieurs scientifiques, c’est d’ailleurs ce dérèglement qui précède l’apparition des premiers symptômes de la maladie d’Alzheimer ou encore de Parkinson. Identifier ce dérèglement et le traiter pourrait donc permettre de mieux maîtriser l’évolution de ces pathologies.

 

De façon générale, la chronothérapie propose une adaptation des soins existants aux rythmes des organes et cellules du corps et en fondant son mode de vie sur son horloge biologique. Il s’agit d’en maximiser les effets positifs et d’en limiter les inconvénients pour aller toujours vers plus d’efficacité. De nombreuses pathologies font déjà l’objet de recherche en chronomédecine, comme celles relatives à la cancérologie, la cardiologie ou la neurologie.

 

Sources :

Izold Guegan

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